UN TROTTOIR ET QUELQUES HERBES par Laurent HELLOT

Un trottoir et quelques herbes, dans une palette de gris et de vert.
Un trottoir et quelques herbes qui restent identiques, été comme hiver.
Un trottoir et quelques herbes qui semblent perdus dans cet Univers.

Il y a d’abord cette bordure de granit, constellée d’autant d’éclats que la Terre lui a donné, brillante et lisse à la fois, dans un mélange de variété et de cadre parfait ; la Nature qui aurait été mise au carré. Il y a ensuite ce caniveau, ce dégorgeoir, ce torrent pour orage d’un soir. Sa surface angulaire lui donne l’impression d’être en même temps un mur et un sol, ni droit, ni couché, à la fois repoussoir et lit dégagé.
Il y a enfin ce trottoir, jonché de débris et d’un aplat approximatif, conçu pour guider et pour protéger, mais qui parfois ne sert qu’à canaliser, restreindre et limiter, les courses, les sauts, les danses, qui ne doivent en aucun cas déborder.
Et puis cet éclat, cette touffe, cette anomalie dans l’esbroufe qui choisit là, ce lieu minéral et froid pour imposer sa végétation de bon aloi ; cette masse hirsute où le fouillis le dispute à la diversité infinie, de verdure, de nervures, de posture en vrac, en apparente attaque contre l’aplat réglementé, la norme imposée, la ligne droite tracée.

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LA LOTERIE par Laurent HELLOT

Une foule intense, des cris surexcités, et une roue qui tourne comme une fusée.
Un peuple avide, des rêves espérés et des couleurs qui se mélangent en un blanc livide.
Un jour unique, un mouvement presque de panique de ne pas voir ses fantasmes se concrétiser.

Il y a quelque chose de fascinant à contempler tous ces adultes se comporter comme des enfants. Soudain, plus rien n’existe que la folle utopie de voir le succès s’incarner. Soudain, il n’y a plus de joyeux, de tristes, et tous sont hypnotisés. Soudain, il n’est plus nécessaire de se référer au calendrier : il ne reste que le présent, qui s’étire, en une éternité.

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LE RAMEAU par Laurent HELLOT

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Une douce brise qui agite un laurier centenaire, dans une atmosphère délétère.
Un soleil de plomb qui écrase de sa chaleur tout ce qui a l’impudence de s’agiter.
Une journée d’été, partagée entre volutes d’air légères et enfer de rayons brûlants, mortifères.

Un bruit de feuilles qui oscillent au gré de cet étrange paradoxe,

d’être à la fois rafraîchies et consumées en même temps.

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LE VÉLO DANS LE GARAGE par Laurent HELLOT

Quand l’écriture coule de source et s’invite dans votre quotidien…

Voici une histoire
transmise pour vous accompagner dans vos 15 prochaines journées.
Retrouvez-la, retrouvez-en d’autres, ou demandez la vôtre sur :
http://www.mediumtoimeme.net/

Un vieux vélo posé contre le mur, dans ce garage déserté.
Un vieux vélo qui semble avoir été oublié. Il n’est pas rouillé pourtant, il n’est pas de
guingois. Ses freins sont serrés et sa chaîne graissée. Sa selle de cuir est lustrée par les
souvenirs de folles chevauchées. Sa couleur n’est peut-être pas flashy, mais ce gris beige est
du plus bel effet.

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